SAISON 2006-2007
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Du 1 juin au 13 juillet 2007
 
Nathalie SAVEY, « Les Alices – Figures »

Vernissage 
Vendredi 1er juin à 18h, en présence de l’artiste

LE CORPS AU PARADIS

 Son regard limpide n’hésite pas ; mais il oscille et vous promène. Depuis longtemps Nathalie SAVEY photographie les paysages de montagne ; en même temps elle ne cesse de scruter les visages humains, non pour les voir, mais pour voir et montrer ce qu’ils voient : ce sont des portraits. Dans ces deux exercices si éloignés à première vue, il s’agit toujours pour elle de donner à voir l’invisible, ce qui se cache derrière l’apparence. Elle s’approprie la confidence de Pétrarque parvenu au sommet du Mont Ventoux : « L’important là-haut, ce n’est pas tant la vue des choses terrestres que l’on y découvre, c’est l’intériorité de la conscience ».

  Nathalie SAVEY nous propose aujourd’hui deux séries d’images bien différentes. D’une part « Les Alice » précédemment exposées à Strasbourg et Stuttgart qui sont un ensemble de diptyques ou triptyques où elle a  photographié des nus féminins dans un paysage. On croit revoir ici les tableaux bucoliques du cinquecento italien ou du XVIIIème siècle français, certains dessins de Balthus ou de Bacon. D’autre part elle nous livre des images variées, énigmatiques, hors échelle, de montagnes, de neiges et de rochers. Plus exactement ce sont des détails de paysage. Le spectateur pressé risque de juger l’exposition peu cohérente, car il n’est pas évident de voir de prime abord que, quel que soit le prétexte, Nathalie SAVEY peint des corps, donne corps à ce qu’elle voit pour atteindre l’intériorité de la conscience.

  Il faut regarder avec attention les images si pudiques des « Alice » pour s’apercevoir qu’on n’ose pas regarder les visages. On ne regarde que les corps en rapport avec le paysage ; ces corps sont déjà en eux-mêmes des paysages. Est-ce ainsi qu’il faut regarder ces diptyques : Comme des corps-paysages qui ne sont plus des portraits et dont les visages sont presque toujours à l’envers ou vus de dos, invisibles, dont on ne croise jamais le regard, car ils n’ont plus besoin d’être vus ? Le mot paysage a été importé par les grecs et latins d’un vieux mot persan « paedisio » qui voulait dire « paradis ». Le corps de la femme photographié par une femme et donc dépouillé du désir, transformé en paysage, n’est-ce pas cela le Paradis ? Paradis toujours perdu et donc sans visage ?

  Contrastant avec ces images humanistes, les paysages offerts par Nathalie SAVEY apparaissent comme des corps que la photographe a su saisir dans la nature. Le souffle du vent sur la neige, un rocher émergeant des herbes, une fente géologique, les lèvres blanches des horizons, la profondeur d’un sous-bois, des broussailles ou lichens à fleur de roc…fondent autant de figures qui nous apparaissent comme des portraits imaginaires. La sensualité, voire l’érotisme contenu de ces paysages, nous offrent des images étonnamment fortes, parfois violentes, et toujours émouvantes. Dans La Lettre sur le Paysage, Chateaubriand écrit que « le paysage doit être dessiné sur le nu ». Nathalie SAVEY dessine le paysage sur le nu. On comprend alors ce qui unit le cycle des « Alice » et ces paysages récents. 


 


pArtage - ateliers ouverts
Du 27 avril au 13 mars 2007 

Vernissage 
vendredi 27 avril à partir de 18h

pARTage – ateliers ouverts est une manifestation annuelle et régionale, associée aux Ateliers Ouverts depuis trois ans maintenant. Cette manifestation draine un large public et invite le public à découvrir des lieux de créations : les ateliers d’artistes.

Lézard, association culturelle colmarienne, coordonne la 7ème édition de pARTage- ateliers ouverts à Colmar et environs, en collaboration avec Ateliers Ouverts.

Lézard vous donne rendez-vous pour 4 temps forts, que sont les 4 volets de la manifestation.

1. Catalogue Vivant

Mieux qu’un livre, Catalogue Vivant réunit les artistes de Colmar et proches environs, afin de présenter une de leur création. Photographie, sculpture, mosaïque, bijoux et surtout peintures,  sont à découvrir à l’Espace Lézard.

Vernissage vendredi 27 avril à partir de 18h

  2. L’art dans la rue : vitrines vidéo

Après le vernissage de Catalogue vivant, direction les rues de Colmar pour un parcours nocturne de vidéos d’art projeter sur des écrans extra-large : Les vitrines de magasins.

Christophe Faivre  
« code de la route » Diapositives
Espace Lézard : 2 bd du champ de mars Colmar

Pigeon Voyageur
« sans titre »
Vidéo, super 8
Office de Tourisme : 4 rue Unterlinden Colmar

Wonderbabette
« Corre, nena »
Vidéo
Bergère de France 42 rue des clefs Colmar

Frédéric Weigel
« Pliage de tête »
Programmation informatique en flash, 2005
Fnac 1 grand’rue Colmar

Anne Zimmermann
« Paula Orbington »
Paradoxe 5 rue des Marchands Colmar


vendredi 27 avril 2007 de 20h30 à minuit.
Dans les rues de Colmar

  3.Ouverture des ateliers d’artistes

Une trentaine d’artistes sont à découvrir dans une dizaine de villes autour de Colmar durant ces 2 week-ends. Sculpteur, graveur, illustrateur, créateur de bijoux … vous attendent et vous réservent parfois quelques surprises !

Les 5/6 et 12/13 mai 2007
A Colmar et environs  de 14h00 à 20h

Programme complet des ateliers ouverts en Alsace sur www.ateliersouverts.net

4. « Les filous » de Baz’art

En ombres chinoises ou sur le fils, les personnages réalisés par Christine, François, Jean Pierre, Kaya, Martine et Zina de l’Atelier Espoir animé par Marie Pierre Moyses, se dessinent dans les vitrines de l’Espace Lézard.

Vitrines de l’Espace Lézard

 


Du 6 mars au 21 avril 2007 - Espace Lézard
Joseph Bey - « petite agitation avant le chemin »

Vernissage 
vendredi 9 mars à partir de 18h

L’utilisation de vieilles affiches n’est pas nouvelle. Depuis longtemps Hains et de La Villeglé recyclent telle quelle cette matière abondante et gratuite en œuvres d’art. L’affiche, cet éphémère – « enfant de la pub », s’étale volontiers en «  4 par 3 »    pour mieux nous séduire et faire d’ouvrir nos porte-monnaie, si possible de manière frénétique.

Mais l’artistes, en général peu ou pas argenté, est là, aux aguets. Lui aussi traque. En l’occurrence la traqueuse…de chalands (qui passent, comme ceux de la chanson !). Il attend sagement l’heure où le panneau, bien dodu de ses nombreuses strates, offre une peau épaisse de carton à la solidité éprouvée. Fi du frêle papier qui se fripe, qui se déchire, qui se délabre malicieusement !

  Joseph Bey est de ces récupérateurs. Mais il ne prélève pas pour monter. Chez lui, la matière première va être travaillée ; elle va servir de champ d’exploration au tréfonds de l’humain.

 

Jusqu'au 24 février 2007 - Espace Lézard
Valérie Bouvier, « Made in japan »

Vidéo
mercredi 31 janvier à 20h
carte blanche à Valérie Bouvier
à l'Espace Lézard

Valérie Bouvier propose avec « Made in Japan » une installation in-situ à l’Espace Lézard suite à sa résidence réalisée au Japon en 2006, soutenue par la DRAC Alsace. Inspirée de photographies prises au Japon, son installation tisse sur les murs de l'Espace Lézard des paysages urbains, portraits, proverbes...à l'aide de fils de scoubidou et de fils de laine. 

Une exposition atypique et éphémère à découvrir absolument.

Valérie Bouvier déclare quelque part que son ambition artistique consiste à “confronter le regard candide d’un enfant à celui, mûr, d’un adulte”, c’est-à-dire à instaurer dans l’objet d’art, l’installation ou la performance une dialectique de la naïveté et de la non-naïveté (du savant). Schiller parlait, à cet égard, de “naïveté créatrice”, position plus difficile à tenir qu’il ne paraît et au sein de laquelle se tient Valérie.

Elle travaille un matériau “trouvé”_ objets usuels, de la quotidienneté ou de la production industrielle. Elle assemble ces objets de provenances et de fonctions diverses en ce qu’elle appelle des “mini-constructions”. Celles-ci présentent deux aspects singuliers et originaux: d’abord les objets sont saisis dans une chaîne en principe ouverte et infinie, mais isolée par une membrane (cellophane ou ruban adhésif) qui les sépare de leur monde d’origine et subordonne leur connotation fonctionnelle au profit de leur possibilité formelle; le fait d’être pris dans une chaîne d’objets hétérogènes et d’être recouverts d’une peau étrangère altère leur identité, ce qui, pour le spectateur, modifie leur lisibilité, fait d’eux des éléments d’un nouveau monde.

Ce nouveau monde _ le composite ainsi obtenu _ réagit rétroactivement, par déplacement et condensation de sens, à l’instar du “texte” du rêve freudien, sur chacun de ses éléments et en modifie la signification. Le résultat a en effet quelque chose d’onirique.
Ainsi les grandes pièces (tridimensionnelles) exposées à l’Ecole des Beaux Arts de Cherbourg étaient des assemblages linéaires et verticaux d’ustensiles ou de meubles recouverts de ruban adhésif. Leur identité originelle est conservée, mais déplacée, accentuée autrement, leur fonction usuelle est occultée, ils revêtent, comme par travestissement, une autre valeur, symbolique désormais, et deviennent éléments d’une “entité contradictoire, hétéroclite”
( dixit Valérie Bouvier ) .

Tous ces dispositifs sans prétention, bi ou tridimensionnels ont conservé la trace d’une spontanéité, mais on les sent produits du calcul et d’un sens artistique sûr. Ils ont un air résolument post-moderne et ne sont surréaliste qu’en apparence _ ils ne sont pas issus de la poétique de l’objet et de l’espace surréaliste. Ils appartiennent à une riche tradition née dans les années 1960 avec Robert Rauschenberg, entre autres, pour laquelle le référent de l’art n’est plus la nature mais l’image culturelle.

Valérie Bouvier renouvelle cette tradition avec un naturel désarmant et une acuité surprenante dans les choix stratégiques, tant formels que symboliques.

Richard Crevier (critique d’art et professeur de culture aux Beaux-arts de Cherbourg)

 

 

Annick Rivière / Kruno Jakobovic
 " Raconte Rencontres "


Du 15 septembre au 31 octobre 2006 - peinture – sérigraphie - céramique
Michèle SCHNEIDER, Anke VRIJS, Voula Gounela, Chryssi Karadaki, « Labyrinthe - Retour de Crète »
  
       
L’exposition « Labyrinthe –retour de Crète » présente les créations de quatre artistes : Michèle Schneider et Anke Vrijs, toutes deux installées à Strasbourg ainsi que Chryssi Karadaki et Voula Gounela, deux plasticiennes crétoises de Rethymnon.

Michèle Schneider et Anke Vrijs travaillent ensemble sur le thème du labyrinthe et de sa mythologie depuis 1995 avec l’idée première de « raconter » quelques chose. Leurs premières années de création en France les ont conduites à réaliser un travail commun, présenté dans la deuxième salle. Cette réflexion autour du labyrinthe revêt deux formes : d’une part une boîte de jeux, construite autour de la mythologie du labyrinthe et du minotaure, comprenant un jeu de l’oie, un memory et un petit théâtre de carton. ( présenté dans la deuxième salle sur un socle). D’autre part, les planches sérigraphiées et utilisées pour la réalisation des jeux, existent pour elles-mêmes plastiquement. (planches sérigraphiées présentées au mur).

Cette création commune a laissé l’opportunité à chacune de suivre sa propre réflexion sur la manière d’aborder un tel sujet tout en se retrouvant autour d’une présentation ludique de la mythologie.

C’est naturellement qu’elles ont progressivement ressenti le besoin de confronter leurs regards et interprétations avec les terres qui ont vu naître ces mythes : la Crète. Soutenues par le CEAAC (Centre Européen d’Actions Artistiques Contemporaines de Strasbourg) et la Région Alsace , les deux artistes strasbourgeoises se sont rendues quatre fois en Crète et rencontrées les artistes Chryssi Karadaki et Voula Gounela.

Les voyages, la découverte de l’île et leurs rencontres avec les deux plasticiennes ont nourri leurs créations et inspirations. Ainsi le travail de la terre, de la céramique, s’est imposé à elles dans cet espace géographique où le poids de l’histoire et de l’antiquité est si important. Les minotaures de Anke Vrijs ont quitté la toile pour se graver sur des céramiques bombées, tandis que Michèle Schneider revisitait les maisonnettes présentes le long des routes de Crète telles de petits autels dédiés à des disparus, pour y abriter de nouveaux labyrinthes.

Une pièce des artistes crétoises est également présentée : Chryssi karadaki utilise des matériaux simples, frustes : cartons d’emballages, journaux, carrelages industriels, bois…pour constituer la surface de travail de ces tableaux. Elle joue des matières et des textures et se dégagent de sa création équilibre et sérénité.