Varda Schneider – S.K.G.A.O.A.

Exposition


Du 09 novembre au 18 décembre 2019 à l’Espace Lézard --- Vernissage le 08 novembre à 18h30 - Entrée gratuite


VARDA SCHNEIDER

- S.K.G.A.O.A. -

Cette exposition donne à voir un ensemble de peintures et dessins réalisés au cours des deux dernières années, en Inde et au Népal. L’immersion dans un pays étranger est une source d’enrichissement et d’élargissement de mon horizon artistique, par ce qu'il peut avoir de différent mais aussi parce que le voyage rend mon regard plus attentif et mon esprit plus perméable. Je suis profondément influencée par l'environnement dans lequel je travaille, j'y puise mon inspiration, en extrait des formes et des couleurs qui ressurgissent dans ma peinture.

Le titre, S.K.G.A.O.A, reprend les lettres présentent dans la peinture du même titre, initiales du complexe résidentiel dans lequel j’ai vécu et travaillé l’hiver dernier à Goa en Inde.

Dans ma pratique, le point de départ d’un tableau est toujours une couleur, ou deux. Ce choix naît  généralement de l’expérience même de la couleur, de sa rencontre dans un espace et une temporalité externes au travail. Que ce soit un duo de couleurs qui, par leur réunion ou bien leur rencontre fortuite, fait naître en moi une vibration particulière, ou une couleur qui, à elle seule, met en branle mon navire : il s’agit toujours d’une émotion forte, un choc rétinien, un émerveillement, une jouissance. Ce peut être n’importe où et n’importe quand. La terre rouge d’un sol indien depuis la fenêtre du train, l’association d’une chemise bleue et d’une veste ocre, l’apparition d’un prunus dans un paysage vert, le rose  du  gingembre et le vert du wasabi en mangeant des sushis, le rouge dans une peinture finlandaise rencontrée par hasard... La couleur est avant tout ce qui  me donne envie de peindre.  À partir de ce choix initial se posent les suivants, ceux qui viennent au fur et à mesure de la peinture. Chaque couleur et formes sont pensées en fonction de celles déjà présentes,  pour créer une harmonie, les réveiller, ou les mettre en danger et devenir geste perturbateur. Il en va de même pour la composition, elle se construit au même rythme que la peinture. Ensuite, ce qui m’intéresse c’est d’instaurer un jeu avec le spectateur, de lui donner une forme de liberté en contrebalançant l’autorité d’une place et d’un point de vue idéal, qu’impose la frontalité du tableau, par l’insinuation d’un doute quant à ce qui est donné à voir. Je souhaite dynamiser la réception du tableau en créant une oscillation entre espace ouvert et fermé, entre espace illusionniste et espace physique. Pour cela, j’essaye de cultiver l’héritage d’une certaine conception du tableau qui s’ouvre vers l’intérieur, comme une fenêtre sur un espace tridimensionnel, mais je tente également de distinguer ma pratique de cette tradition classique en y affirmant des ouvertures du XXe siècle comme la matérialité de la peinture et du support. Il s’agit de flouter les repères, créer la confusion entre le centre et le bord, le haut et le bas, le dessus et le dessous, le mouvement et l’immobile, la figure et l’abstrait, le dedans et le dehors. Le but n’étant pas de rendre la composition bancale puisqu’au contraire tout au long de la fabrication d’un tableau je cherche à atteindre l’équilibre, mais pour que la réception, l’appréhension du tableau elle-même soit vacillante. Je cherche à pousser le spectateur vers une expérience de la peinture. Ainsi la notion d’espace est très importante, au sein du tableau d’abord, que je pense comme un espace projectif qui s’ouvre dans la profondeur des plans successifs et peut se refermer subitement sur la brutalité d’un aplat ou la matérialité d’un geste de peinture. Mais également celui dans lequel évolue le spectateur. Que ce soit par l’utilisation d’objets, l’extraction de formes d’une peinture reproduites en trois dimensions ou dans l’accrochage lui-même, mon travail tend vers l’utilisation, la contamination de l’espace de monstration pour qu’il devienne une prolongation de la peinture, comme un écho à l’espace pictural. Cela permet un aller-retour entre le déplacement du spectateur vers l’espace de la peinture et celui de la peinture dans l’espace de monstration. Le passage entre ici et ailleurs n’est alors plus unidirectionnel.

- Varda Schneider

Visite en groupe sur rendez-vous avec notre médiateur-trice
au 03 89 41 70 77 ou par mail : mediation@lezard.org

Dossier pédagogique disponible sur demande.

Visuel : © Varda Schneider, Sans titre, 2019

Yann Bagot – Les forêts magnétiques

Exposition


Du 09 septembre au 23 octobre 2019 à l’Espace Lézard --- Vernissage le 07 septembre à 18h30 - Entrée gratuite


YANN BAGOT

- Les forêts magnétiques -

Au départ de cette exposition, des semaines à dessiner dans la montagne du HartsmannWillerKopf à Wattwiller, invité en résidence à l’occasion de la Few 2018, accueilli par la Fondation François Schneider et par l’Abri Mémoire de Uffholtz.
Dans cette montagne mangeuse d’hommes qui fut un effroyable champ de bataille de la première guerre mondiale, la forêt a repris le dessus sur l’histoire. Pourtant, dans chaque arbre, d’innombrables éclats d’obus et de métaux, saisis dans la terre par les racines, s’élèvent dans des ascenseurs de bois et de sève. Destin imprévisible, ces éclats meurtriers protègent aujourd’hui la montagne de l’exploitation forestière. La forêt de feu est devenue une forêt magnétique.

Vivifié par la chance d’être au coeur de cette nature survivante, j’ai dessiné parmi les arbres, des roches, des rivières, me plongeant dans l’existence de ces témoins de l’indicibles.
Dessiner, faire corps avec le paysage, se laisser relier, tenter d’apréhender l’essence des choses. Partir en quête de la forme et de l’élan intérieur du paysage, selon la formule de François Cheng. Chaque dessin apparait dans un double mouvement, à la fois exaltation de la singularité du présent, et exploration sensorielle de la mémoire du paysage, transformation du temps vécu en espace vivant.

L’exposition met en regard ces paysages à d’autres explorations à l’encre, dans d’autres forêts, à Fontainebleau, dans les Ardennes gaumoises, ou en atelier : cascades arborescentes, persistances minérales, récifs corailliens d’eau profondes, songes et esprits, forêts nocturnes et astrales.
Un parcours à grandes enjambées parmi les âges et les terrains, porté par l’élan des souffles naturels.

- Yann Bagot

Visite en groupe sur rendez-vous avec notre médiateur-trice
au 03 89 41 70 77 ou par mail : mediation@lezard.org

Dossier pédagogique disponible sur demande.

Visuel : © Yann Bagot, Forêt de Fontainebleau, encre de chine sur papier, 56 x 76 cm, 2019 (détail)